Yamina Zoutat est née en Suisse, de père algérien et de mère italienne. Elle suit des études de journalisme à l’Université de Paris IV au sein du CELSA. Elle exerce pendant plus de dix ans le métier de chroniqueuse judiciaire au sein de la rédaction de TF1. En sa qualité de chroniqueuse judiciaire, elle suit pour les journaux télévisés, entre 1994 et 2004, de nombreux procès médiatiques impliquant notamment Bernard Tapie, Maurice Papon, Marc Dutroux, etc… Elle quitte TF1 en 2004 et se consacre à l’écriture et à la réalisation de films documentaires. Elle participe ainsi à l’Atelier Documentaire de la
Fémis et devient cinéaste. Son premier film, le moyen-métrage Les lessiveuses, parle ainsi de ces mères de détenus dont la vie est rythmée par les visites et le linge qu’elles lavent puis rapportent à leurs enfants en prison. « Elles triaient lavaient étendaient repassaient parfumaient pliaient rangeaient et quand c’était fini, recommençaient. Toutes faisaient la lessive pour leur fils en prison depuis des années. Je regardais le corps en creux du fils, le corps plein de la mère, la douceur et la violence qui passaient entre les deux. »
Les Lessiveuses remporte le Prix de la création au festival Visions du Réel à Nyon en 2011. Ce film remarqué fut adapté en un opéra contemporain. Un documentaire qui nourrit la fiction. Chose rare en
France où les deux genres du cinéma ne se côtoient pas. La cinéaste sourit. A traquer la réalité, elle a surpassé la fiction. Yamina Zoutat en a écrit le livret et a réalisé la création vidéo pour la scène.

Résumé Retour au Palais:
Retour au Palais, son premier-long métrage, présenté en compétition internationale à Visions du Réel en 2017, remporte le Sesterce d’Argent du meilleur fi lm suisse. À l’heure où le palais de justice de Paris va migrer de l’Île de la Cité aux Batignolles, visionner Retour au Palais fournit l’occasion d’un vibrant hommage visuel à ce bâtiment fascinant. Assurément, le palais de la Cité
en est l’un des marqueurs les plus symboliques de l’institution judiciaire française, sa seule fi gure caractérisant bien souvent l’institution, et ce depuis des siècles. Dans ces conditions, le transfert qui s’est opéré vers le nouveau bâtiment est riche de sens et emporte avec lui une histoire mouvementée et passionnante.
Retour au Palais nous emmène dans une exploration sensible, sensuelle et pudique du palais de justice de l’île de la Cité. De ce monde au bord de l’engloutissement, la réalisatrice y puise un mythe, un conte où le merveilleux danse en complète harmonie avec la réalité crue des lieux. Retour au Palais est un fi lm habité, presque hanté : la caméra rend palpable avec une acuité troublante les fantômes qui planent. Elle fait parler les murs à grands coups de silences, de crissements de parquets vernis, de tintements d’horloges qui ne demandent qu’à s’arrêter et de bruissements d’étoffes rouge et blanche.